L’engagement de la communauté est nécessaire : il est essentiel que les communautés s’expriment pour faire de la CSU une réalité

Robinah Kataritimba est directeur exécutif de l’Uganda National Consumers Organization, et elle fait la promotion de la couverture sanitaire universelle (CSU) avec beaucoup d’enthousiasme dans son pays. Elle croit en le pouvoir des Ougandais ordinaires de rendre la CSU possible.

Robinah était l’une des quelques 60 participants à l’atelier régional de l’African Collaborative for Health Financing Solutions (ACS) à Accra, au Ghana, en février 2018. Beaucoup des participants à l’atelier venaient des cinq pays dans lesquels le projet ACS a conduit des consultations pour évaluer le panorama des politiques de CSU. Les pays dans lesquels des consultations ont aidé à éclairer le travail de suivi pendant l’atelier étaient le Nigeria, le Sénégal, l’Ouganda, le Burkina Faso et la Tanzanie.

« Nous avons eu la possibilité de réseauter et d’apprendre les uns des autres », a déclaré Robinah Kataritimba.

Parmi les points forts de l’atelier de trois jours, des sessions ont été consacrées à l’identification des obstacles et des opportunités pour faire avancer la CSU en Afrique subsaharienne. « Il est très important que nous ayons une coopération régionale pour apprendre les uns des autres. Le projet ACS contribue à cet effort parce que nous ne pourrions pas nous réunir et exploiter le soutien du projet ACS ainsi que nous aider les uns les autres alors que nous identifions des approches et des stratégies pour notre travail à venir », a expliqué Robinah Kataritimba.

Robinah Kataritimba, Directeur exécutif, Uganda National Consumers Organization
“Il est très important que nous ayons une coopération régionale pour apprendre les uns des autres. Le projet ACS contribue à cet effort parce que nous ne pourrions pas nous réunir et exploiter le soutien du projet ACS ainsi que nous aider les uns des autres alors que nous identifions des approches et des stratégies pour notre travail à venir.”
Robinah Kataritimba, Directeur exécutif, Uganda National Consumers Organization
Sams'K Le Jah, co-fondateur de Balai Citoyen au Burkina Faso, exprimant son point de vue à l’équipe de l’ACS.

Trop souvent, les politiques et stratégies de la CSU sont conçues par un groupe relativement restreint de décideurs, qui essaient par la suite d’intégrer d’autres parties prenantes dans leur mise en œuvre. L’ACS s’efforce de changer cette dynamique. Nous soulignons le fait qu’il est important de permettre à des « voix vitales » de s’exprimer, les voix des dirigeants communautaires et des citoyens ordinaires, des dirigeants élus et des organisations de la société civile, des chercheurs et des activistes – afin qu’ils soient systématiquement inclus dans le discours sur la CSU et informés, engagés et mobilisés pour progresser vers la santé pour tous.

Dans le cadre de son approche de communication stratégique, le projet ACS vise à mettre en lumière les « voix vitales » de personnes comme Robinah Kataritimba, afin de renforcer le pouvoir et l’influence des citoyens qui travaillent avec les décideurs et les auteurs des politiques dans leurs pays respectifs pour faire avancer la politique de CSU.

Les acteurs de la société civile ne sont pas toujours intégrés au niveau du discours sur la CSU, et les personnes ordinaires anonymes dans les communautés sont entendues encore moins souvent, voire pas du tout. Sams’K Le Jah, cofondateur de l’organisation de jeunes Balai Citoyen au Burkina Faso, fait également un plaidoyer sans relâche pour la CSU. Son organisation s’efforce de faire changer les choses par la mobilisation sociale. « Nos chiffres sont notre force », a-t-il déclaré. Il a souligné la nécessité pour les décideurs politiques de collaborer avec la société civile. « Les décisions qui affectent les personnes ordinaires ne devraient pas être prises dans le confort des bureaux climatisés par des personnes qui manquent d’empathie ou qui sont déconnectées de la réalité de la vie sous le soleil. Ce n’est que par le biais de la collaboration que les bonnes décisions politiques seront prises avec l’adhésion de toutes les parties prenantes », a-t-il ajouté.

“Les décisions qui affectent les personnes ordinaires ne devraient pas être prises dans le confort des bureaux climatisés par des personnes qui manquent d'empathie ou qui sont déconnectées de la réalité de la vie sous le soleil.”
Sams'K Le Jah, co-fondateur de Balai Citoyen au Burkina Faso

Les représentants du Nigeria lors de l’atelier ont également souligné la nécessité pour le gouvernement et la société civile de travailler main dans la main.

Le Dr Stella Iwuagwu, directeur exécutif du Center for the Right to Health, a souligné le besoin d’inclure des personnes ordinaires et des travailleurs de santé dans les conversations sur la CSU. « Nous devons faire passer la voix des citoyens de la rue dans les salles de réunion. Comment pouvons-nous comprendre l’urgence et l’importance de la couverture sanitaire universelle si nous n’entendons pas parler de ceux qui sont en première ligne et qui ont souffert à cause de l’absence d’une telle couverture ? Grâce au projet ACS, il semble que nous passons enfin de la recherche à l’action », a-t-elle ajouté.

Monsieur Muhammad Usman, membre du Parlement au Nigeria, est d’accord. Il voit les agents de changement de la société civile comme le Dr Iwuagwu comme des partenaires solides. « Il existe une volonté politique pour la CSU au Nigeria. Nous avons un long chemin à parcourir, mais nous faisons de notre mieux pour trouver des fonds suffisants pour le secteur de la santé. Je considère les acteurs de la société civile comme de vrais partenaires avec nous, et il incombe au gouvernement de permettre que cela se produise », a-t-il dit.

L’ACS soutient un engagement collectif pour favoriser la collaboration, l’apprentissage et la responsabilisation afin de s’assurer que toutes les parties prenantes sont impliquées dans les processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques de CSU pour accélérer les progrès vers la santé pour tous.