Nous renforçons la capacité des pays à utiliser leurs ressources techniques et leurs capacités existantes pour progresser vers la couverture sanitaire universelle.

De nombreux pays de l’Afrique subsaharienne ont manifesté la volonté politique de poursuivre l’objectif de la couverture sanitaire universelle, mais les progrès ont été lents.

Le processus visant à faire de la couverture sanitaire universelle une réalité est l’endroit où les choses sont au point mort. Trop souvent, les bonnes personnes ne sont pas impliquées, elles ne disposent pas des bonnes informations ou elles ne se parlent pas.

L’African Collaborative for Heath Financing Solutions (ACS) s’efforce d’améliorer ce processus. Nous fournissons un soutien essentiel aux pays qui suivent leur propre chemin pour atteindre la couverture sanitaire universelle – en renforçant leurs efforts par le biais d’un soutien technique, de facilitation et de coaching.

Nous concentrons notre attention sur trois piliers essentiels pour progresser vers la couverture sanitaire universelle.

Les piliers ACS
“Nos chiffres sont notre force.”
Samska Le Jah
Cofondateur de Balai Citoyen
Réflexions sur la première année d' ACS et perspectives sur 2019

Au nom de l’équipe de la Plateforme Africaine Collaborative pour des Solutions de Financement de la Santé (ACS), je tiens à vous souhaiter une bonne et heureuse nouvelle année. Que 2019 apporte la paix, beaucoup de nouvelles connaissances et une couverture universelle en santé plus étendue, plus équitable.

Alors que nous commençons cette nouvelle année, la deuxième année de mise en œuvre du projet, nous voulons partager certaines réflexions de 2018 en rappelant ce que le projet ACS s’est fixé comme objectif et en indiquant où nous avons pris de l’élan et où nous avons été confrontés à des défis. Nous espérons également susciter votre intérêt pour les plans de l’ACS lors de cette nouvelle année, qui devraient nous donner de nombreuses opportunités de collaboration.

Comme vous le savez tous, beaucoup de choses sont en train de se passer dans l’espace de la CSU ; par conséquent, l‘un des principaux objectifs de l’ACS en 2018 consistait à définir la valeur ajoutée que l’ACS pourrait apporter. Si nos trois piliers – collaboration, apprentissage et redevabilité – ont tous été bien reçus au niveau des pays pendant notre phase de consultation, c’est peut-être sur le thème de la collaboration que nous avons trouvé la lacune la plus évidente que nous devrions essayer de combler – ou, pour être plus précis – l’inclusion de voix qui portent et de différentes catégories de parties prenantes dans l’ensemble de l’espace de la CSU. Au niveau des pays, nous continuons à constater qu’il est toujours nécessaire de promouvoir un engagement authentique et durable dans le dialogue sur la CSU entre les parties prenantes (et les secteurs) afin de réaliser des progrès opérationnels et de renforcer la redevabilité pour un financement durable de la santé.

2018 a marqué une transition pour l’ACS, qui est passé d’une phase de consultation très intensive (et instructive) – il suffit de lire nos rapports sur les pays et le document de synthèse https://www.acs.r4d.org/resources/ ou https://acs.r4d.org/fr/ressources/ – à la définition d’activités qui ont reflété les priorités communes que nous avons entendues. Nous avons commencé un engagement concentré dans trois pays (l’Ouganda, la Namibie et le Botswana) qui ont chacun leurs propres contextes et besoins. Il n’est pas surprenant que la phase de démarrage se soit avérée complexe et ait pris plus longtemps que prévu. Néanmoins, comme nous avons investi notre temps initialement en écoutant de façon méthodique des parties prenantes très variées et en documentant les défis et les priorités des pays pour progresser vers l’atteinte de leurs objectifs en matière de CSU, l’ACS dispose désormais d’une base robuste et bien enracinée sur laquelle nous sommes en train de mettre en place un programme d’assistance déterminé par la demande. Nous allons continuer à écouter et à apprendre tout en allant de l’avant, et nous resterons flexibles afin de pouvoir nous adapter suivant les besoins. Nous sommes ravis d’ajouter le Bénin à notre communauté croissante de pays soutenus par l’ACS en 2019, et nous continuerons le dialogue avec les missions et le Bureau Afrique de l’USAID afin d’évaluer toutes nouvelles opportunités.

Nous sommes plus convaincus que jamais que pour accroître l’efficacité de la CSU, il est nécessaire que les acteurs nationaux avec différents profils se retroussent les manches et montrent la voie à suivre pour résoudre les problèmes épineux d’économie politique qui sont sur la route vers la CSU. Ceci pourra prendre du temps et ne rentra pas toujours dans les cases traditionnelles des activités d’appui, mais nous sommes convaincus que ce que nous accomplirons sera plus durable et nous donnera plus de chances d’atteindre l’objectif de la CSU. L’année dernière, nous avons élaboré, et nous avons testé (en Ouganda), une méthodologie pour documenter les processus liés à la CSU pour aider les pays à mieux comprendre la dynamique, les parties prenantes nécessaires et les principaux points d’inflexion dans la progression de son pays vers la CSU. Nous utiliserons nos conclusions pour apprendre et mieux appliquer nos propres approches afin de soutenir la progression et cette capacité d’apprentissage en continu au niveau des pays. Nous espérons que 2019 nous aidera à beaucoup mieux comprendre le parcours dans trois autres pays et nous permettra de partager plus largement ce que nous avons appris.

En ce qui concerne les défis que nous devons relever, nous comprenons maintenant que le concept d’appui axé sur la demande semble plus idéaliste que réaliste à l’heure actuelle. Lorsque vous y réfléchissez, c’est le changement de comportement qui se produit quand on écoute beaucoup et quand on construit des relations dans un climat de confiance avec les parties prenantes dans les pays, ainsi qu’avec les bailleurs qui sont souvent habitués à travailler de façon différente. Nous devons également faire preuve de flexibilité et d’adaptabilité au fur et à mesure que nous testons nos modalités d’appui et en apprenons plus à leur sujet. Un objectif d’apprentissage pour l’ACS en 2019 sera de mieux définir, de façon substantielle et documentée, ce que signifient réellement « évaluation de la demande dans un pays » et « interventions axées sur la demande », qui sont les « détenteurs » de la demande et quelles seraient des façons concrètes d’intégrer systématiquement et continuellement ces informations pour guider, mesurer et évaluer l’appui. À l’avenir, et en nous appuyant sur l’expérience de l’ACS jusqu’à présent, nous nous engagerons intentionnellement sur cette voie d’une manière structurée et rigoureuse dès que nous entreprendrons de nouveaux engagements au niveau des pays et avant de définir les modalités d’appui de l’ACS, puis continuellement tout au long de cet engagement, en effectuant des ajustements selon les besoins.

2019 verra le lancement de notre premier programme de collaboration et d’apprentissage thématique au niveau régional, qui portera sur La redevabilité pour un financement durable de la CSU, un sujet prioritaire identifié lors de la phase de consultation et précisé davantage dans les contextes des trois pays dans lesquels l’ACS fournit actuellement du soutien. Pour la Namibie et le Botswana, ceci est extrêmement important étant donné que dans les deux pays, l’épidémie de VIH est presque sous contrôle, mais trouver les moyens et les mécanismes nécessaires pour assurer que ces accomplissements sont pérennisés devient critique pour progresser vers l’atteinte de objectifs plus globaux en matière de CSU. Alors que le Bénin est en train de lancer un régime pilote ambitieux d’assurance maladie conçu pour s’intégrer à son approche globale en matière de CSU, la construction de mécanismes de participation et de dialogue est cruciale, de même que la présentation d’une argumentation pour un financement adéquat et durable. Restez à l’écoute car nous sommes en train de constituer un groupe d’experts pour concevoir et guider cette première collaboration régionale sur le thème de la redevabilité.

En 2018, l’ACS a commencé à soutenir un groupe dynamique d’experts africains visant à constituer une communauté de coaches et de mentors pour appuyer les pays en matière de facilitation, appui technique et de la construction de capacités pour mieux naviguer le processus de mise en œuvre des politiques et stratégies visant la CSU. En 2019, cette « Force », comme ses membres l’appellent eux-mêmes, a l’intention de produire des modules de renforcement des compétences fondamentales pour faciliter les processus et de développer des liens avec les principaux forums de formation au financement de la santé auxquels leurs membres auront accès. L’ACS soutient les efforts de développement de tels modules et cherchera à collaborer avec les experts de la Force dans les « pays d’intervention ACS » afin de tirer parti des compétences existant au niveau régional pour appuyer et développer ces compétences importantes au niveau des pays.

Nous sommes heureux d’avoir ajouté deux nouveaux partenaires africains à l’ACS à la fin de 2018, Amref et Synergos/Namibia. Nous nous engageons à approfondir et développer davantage nos partenariats avec les institutions africaines en 2019, et à documenter notre expérience de construction de partenariats efficaces, productifs et mutuellement bénéfiques pour promouvoir la CSU sur tout le continent.

En tant que projet axé sur l’apprentissage, nous nous sommes engagés à partager continuellement nos résultats et notre expérience. Notre équipe en pleine croissance prendra le temps d’évaluer notre approche à l’occasion d’une Pause d’apprentissage annuelle lors de laquelle nous passerons en revue de façon approfondie et critique une ou deux des activités ou approches clés du projet pour faire le bilan, renouveler et ajuster suivant les besoins. L’un des sujets de cette année sera notre programme de recherche et d’apprentissage. Nous pourrons donc communiquer prochainement plus d’informations sur  comment et quand nous partagerons les apprentissages et les résultats de l’ACS. Nous avons l’intention de communiquer ce que nous apprenons de diverses façons, depuis des articles dans des revues professionnelles jusqu’à des blogs et des webinaires. Nous comptons sur la poursuite de votre collaboration et de votre intérêt tout au long de l’année 2019.

Allison Gamble Kelley
Directrice du Projet ACS