Des voix qui inspirent le changement – Ouganda : les voix de la société civile

Ouganda

CENTRE POUR L’ÉGALITÉ DES JEUNES : RENCONTRE AVEC LE CHEF D’ÉQUIPE KAVIRI ALI HARRISON

 

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Kaviri (Ali ) est chef d’équipe au Centre d’équité des jeunes de Kampala où il travaille à amplifier la voix des jeunes adultes autour de questions liées à l’égalité des sexes et à la justice sociale. Nous avons parlé de la couverture sanitaire universelle (La CSU) et de sa signification pour les jeunes en Ouganda.

Q. Pourquoi la justice sociale et l’égalité des sexes, comment vous êtes-vous intéressé à ces questions? Ali : J’ai été élevé par ma grand-mère maternelle dans l’est de l’Ouganda. Etant donné que je suis né hors mariage, la communauté ne m’a pas donné d’importance ou d’opportunités, ce qui m’a vraiment marqué. En tant qu’adulte, mon point de vue a changé lorsque je suis tombé sur une annonce d’une organisation de défense des droits des femmes et j’ai fait une demande pour participer à leur formation en leadership de transformation. Leur formation intensive qui a duré 6 semaines m’a ouvert les yeux et j’ai pu voir le monde sous un nouveau jour. J’ai vu que nous devons changer les injustices sociales liées à la violence familiale et à d’autres questions qui placent les femmes sur des bases inégales. Cela m’a permis de transformer mon adversité en plaidoyer.

Q.Qu’est-ce que la CSU signifie pour vous et pour les jeunes en Ouganda? Ali : La CSU est si importante pour une population saine et productive, et les jeunes constituent une proportion importante de notre population. Les jeunes adultes doivent être à l’avant-garde de la CSU en ce qui concerne nos idées et en terme de sensibilisation. À l’heure actuelle, le plus grand défi pour les jeunes en Ouganda est le chômage et leur manque de participation aux programmes. Si nous sommes exclus des possibilités de prise de décision, cela crée des obstacles. De plus, nous avons de nombreux défis à relever en matière de santé, il est donc crucial d’inclure nos voix et de mettre en œuvre les politiques de la CSU. Nous avons besoin du Président, du Parlement et du Ministère pour nous soutenir ainsi que notre implication.

Q. Où aimeriez-vous voir l’Ouganda aux lendemains de la Vision 2040? Ali : La pratique de la médecine dans des hôpitaux et des établissements de santé qui sont en mesure de répondre aux problèmes clés auxquels les populations sont confrontées. J’envisage que mon pays sera en mesure de répondre aux urgences et d’améliorer les complications liées à la santé maternelle. Je veux que les Ougandais soient en mesure de se payer leurs soins de santé sans compter sur des collectes de fonds. Nous devons équiper et former les prestataires de soins de santé pour nous assurer qu’ils sont en mesure de faire leur travail. En général, je veux voir l’autonomisation et la confiance en soi. La gouvernance a un rôle essentiel à jouer, elle exige le leadership, la transparence et la reddition de comptes. Je m’efforce de faire en sorte que les jeunes jouent un rôle actif dans l’avenir de notre pays.

« J’espère que la feuille de route de la CSU fera en sorte que les principaux intervenants adopteront le plan, réaliseront des mesures durables, et finiront par faire de la CSU une réalité. »
-Kaviri Ali Harrison

ROBINAH KATARITIMBA - DIRECTRICE EXÉCUTIVE DE L’ORGANISATION NATIONALE DES CONSOMMATEURS DE L’OUGANDA

Q. Parlez-nous de vous et de la façon dont vous êtes devenue directrice exécutive de l’Organisation nationale des consommateurs de l’Ouganda.

Robinah :
J’évoluais dans le milieu du travail social quand j’ai rencontré un médecin passionné par les droits des patients. J’ai perdu mon frère qui est mort inutilement à l’hôpital, alors quand ce médecin a commencé cette organisation, j’étais inspirée. Nous faisons ce que nous appelons les trois P : les patients, les prestataires et les preneurs de décision. Nous voulons que chacun se comprenne et prenne en compte les points de vue des autres. Notre approche est basée sur un engagement constructif.

Q. Comment travaillez-vous pour soutenir la CSU en Ouganda? Robinah:

Nous avons actuellement au Parlement un projet de loi qui, à notre avis, sera très important si nous aspirons à l’assurance maladie nationale. Nous avons besoin d’un cadre de responsabilisation et d’un mécanisme pour tenir les prestataires de services responsables. Nous avons besoin d’un partenariat public-privé pour que cela fonctionne. En plus de l’aspect financier, le gouvernement doit travailler en étroite collaboration avec le secteur privé pour examiner la prévention, la vaccination et la santé maternelle et néonatale. Le plus grand défi pour les deux secteurs sera d’assurer des services de qualité, la réactivité et l’information pour tout le monde, y compris les indigents, ainsi que de s’assurer que l’information est facile à comprendre.

Nous cherchons à donner aux patients les moyens d’assumer la responsabilité de leur vie et de tenir les prestataires de services responsables. Une partie de mon travail consiste à tendre la main aux décideurs pour s’assurer que nous (la société civile et les patients) sommes invités à la table des négociations.

«Nous cherchons à donner aux patients les moyens d’assumer la responsabilité de leur vie et de tenir les prestataires de services responsables.»
-Robinah Kataritimba

Grace Kiwanuka, Uganda Healthcare Federation: La CSU ne sera jamais parfaite, et notre population évolue constamment, de sorte que la CSU devrait constamment évoluer. Mais avec la CSU, j’aimerais ne plus voir les enfants mourir ou les pots de vin, et j’aimerais voir l’accès aux médicaments et un mécanisme de financement de la santé abordable.

Dr . Daniel Okello, Kampala Capital City Authority:  Mon défi a été de briser les silos et les barrières pour créer une façon intégrée de considérer la santé comme « l’approche où tout tourne autour de la santé », car d’une certaine manière, tout nous ramène à la santé.

Joseph Ngobi Mwoga, Organisation mondiale de la santé: Il est extrêmement important d’amplifier les voix des personnes que nous servons, ce qui est l’un des domaines clés de l’OMS en ce qui concerne le renforcement du mouvement pour atteindre la CSU.

Ce produit médiatique est rendu possible grâce au généreux soutien du peuple américain par l’intermédiaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Le contenu est la responsabilité de Results for Development, Duke University Global Health Innovation Center, Amref, Synerosos, RESADE, et Feed the Children et ne reflètent pas nécessairement les vues de l’USAID ou du gouvernement des États-Unis.