La progression vers la couverture sanitaire universelle : perceptions, défis à relever et opportunités d’innovation

Dans le monde entier, au moins 3,5 milliards de personnes ont un accès insuffisant aux services.

Dans le monde entier, au moins 3,5 milliards de personnes ont un accès insuffisant aux services de santé essentiels, et plus de 800 millions de personnes dépensent plus de dix pour cent du budget de leur foyer pour la santé. Les difficultés d’accès aux soins, les dépenses de santé catastrophiques des ménages et un désir de continuer les progrès réalisés en liaison avec les  indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement sont quelques-unes des raisons  pour lesquelles la couverture sanitaire universelle (CSU) est ciblée par l’Objectif de développement durable 3.

La CSU est définie comme une situation dans laquelle toute la population a la possibilité d’obtenir les services de santé de qualité dont elle a besoin sans avoir à subir de dépenses de santé catastrophiques. Bien que de nombreux gouvernements, organismes internationaux, fondations et partenariats se soient engagés à atteindre la CSU d’ici 2030, les pays sont confrontés à un certain nombre de difficultés, notamment une couverture peu efficace, des ressources financières fragmentées et insuffisantes, ainsi qu’une capacité technique limitée ne permettant pas de fournir des services de santé de qualité élevée à la population. Notons également des problèmes de mise en œuvre associés à la redevabilité, la collaboration et l’échange des leçons apprises, des problèmes qui peuvent être complexes sont particulièrement sérieux dans les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires.

Lancé en 2017, l’African Collaborative for Health Financing Solutions (ACS) a pour but de faciliter des processus collaboratifs dirigés par les pays concernés eux-mêmes pour chercher à identifier et relever les défis de mise en œuvre des politiques et des stratégies conçues pour faire avancer la CSU dans la région. L’ACS s’efforce d’aider les parties prenantes pouvant être exclues du dialogue sur la CSU à se faire mieux entendre, y compris les membres du secteur privé et des entrepreneurs sociaux tels que Lilian Makoi de Jamii Africa en Tanzanie, et les représentants des communautés comme le Dr Stella Iwuagwu du Centre for the Right to Health au Nigeria.

Pendant sa première année, l’ACS s’est engagé dans une phase extensive de consultation dans cinq pays pour identifier les problèmes les plus importants et trouver des moyens de permettre à l’ACS de favoriser les progrès vers la CSU. Une équipe multidisciplinaire du projet ACS s’est rendue au Burkina Faso, au Nigeria, au Sénégal, en Tanzanie et en Ouganda entre septembre et décembre 2017. Ses membres se sont entretenus avec des parties prenantes régionales et mondiales travaillant dans le domaine de la CSU. Ils ont conduit plus de 200 entretiens semi-structurés avec des personnes variées impliquées dans divers aspects de la mise en œuvre des politiques et stratégies liées à la couverture sanitaire universelle issues de différents secteurs tels que le gouvernement, la société civile, le secteur privé, les prestataires de soins de santé de première ligne et le leadership au niveau communautaire

Nos constatations : les obstacles techniques et non techniques au progrès

Nous avons demandé aux parties prenantes ce qu’elles pensaient que la CSU signifiait. L’universalité, l’accessibilité et la disponibilité des services de santé ont été les composantes les plus souvent citées de la CSU. Plusieurs personnes ont également souligné la qualité, la protection financière et le caractère abordable des soins, mais moins souvent que les composantes précédentes.

Les parties prenantes ont indiqué quels domaines d’intérêt pourraient améliorer la redevabilité, l’apprentissage et la collaboration pour la CSU. Elles ont perçu les lacunes du partage des connaissances et de la mise en œuvre visible des politiques comme constituant des obstacles. Dans de nombreux cas, les personnes interrogées ont noté des obstacles techniques, tels que l’insuffisance des ressources et l’allocation inefficace des ressources existantes, comme étant des  facteurs limitant la mise en œuvre des politiques et programmes conçus pour faire avancer la CSU. Elles ont également noté plusieurs obstacles non techniques au progrès de la CSU, comme les compétences limitées des membres du personnel de santé. Voici quelques autres obstacles qui ont été mentionnés .

  • Redevabilité : capacité limitée de traduire la politique en mise en œuvre et manque de stratégies de mise en œuvre claires ; manque d’appropriation, d’engagement et d’intendance pour assurer un meilleur leadership du secteur public
  • Apprentissage : absence de processus et de plateformes fonctionnels et normalisés pour le partage de l’information et la gestion des connaissances ; obstacles organisationnels ou culturels à l’échange des connaissances et manque de traduction de données probantes pour guider la prise de décisions ou la recherche
  • Collaboration : engagement inefficace, inclusion inadéquate des parties prenantes, fragmentation de l’effort et mauvaise coordination des plateformes de CSU ou des initiatives stratégiques du secteur de la santé, des partenaires bailleurs et d’autres secteurs.

Malgré les obstacles, tous les pays avec lesquels nous avons travaillé sont en train d’élaborer des solutions dans le pays afin de traiter le financement de la santé pour la couverture sanitaire universelle. Il s’agit notamment du programme de financement direct des établissements de la Tanzanie et de la vente par le Nigéria d’obligations visant à produire un impact sur la santé. D’autres pays de la région développent des modèles qui pourraient être applicables ailleurs.
La mise en œuvre par le Gabon de taxes sur les transferts d’argent, l’application par le Kenya de la technologie mHealth pour les paiements mobiles et le développement de partenariats public-privé dans les hôpitaux et les systèmes de santé en Afrique du Sud sont quelques exemples qui ont été cités. Les répondants ont également noté des domaines dans lesquels davantage de travail peut être effectué, y compris l’élaboration de cadres de responsabilisation, de plateformes de partage des preuves et de mécanismes plus larges d’engagement des parties prenantes. D’autres réseaux, comme Innovations in Healthcare et le Center for Health Market Innovations, donnent des exemples prometteurs de façons dont l’innovation pour la CSU peut commencer au niveau des communautés dans le monde entier.

Les opportunités : l’élimination des silos, la diversification de l’engagement des parties prenantes et la création de structures pour le partage des connaissances

Il existe un besoin clair et un désir de solutions pouvant améliorer l’accès aux soins et la qualité des soins, et mieux utiliser les ressources limitées, pour accélérer les progrès vers la CSU. L’ACS considère cela comme une opportunité pour l’innovation et pour le développement de nouvelles méthodes de collaboration et de facilitation des processus afin d’aider les pays à surmonter les défis auxquels ils sont confrontés dans leur travail vers la CSU.

L’ACS soutiendra ces efforts par :

  • La promotion de mécanismes pour une inclusion plus durable des parties prenantes ;
  • Le soutien de l’apprentissage par les pairs et du partage des connaissances sur les défis et les bonnes pratiques liés à l’utilisation des ressources nationales, à l’allocation efficace des ressources, aux processus de collaboration, à la prestation des soins et à la mise en œuvre des politiques ; et
  • La création de cadres et d’instruments de recherche concrets et fondés sur des données probantes pour renforcer la redevabilité et appuyer les efforts de plaidoyer afin d’établir et de maintenir le mouvement vers la CSU.

Apprenez davantage sur le projet ici. Results for Development assure la direction de l’ACS, conjointement avec le Duke Global Health Innovation Center et Feed the Children. Le projet est financé par l’USAID, Bureau Afrique.